Il est important de se confronter au monde, aussi incertain qu'il puisse être. Important de se dire qu'en dépit des absurdités et des atrocités qu'il comporte, il reste quand même une once de quelque chose qui nous permet de nous y ancrer à notre manière. La beauté, la bonté, et autres qualités ardemment recherchées en espérant que l'on ne repartira pas bredouille de l'Ecole de la Vie. Mais à la différence de Harvard, Todaï ou de la Sorbonne, on y est tous et toutes inscrits d'office. 

Mais je ne dis pas cela en tant qu'adulte. 

C'est à l'Enfant en moi que je parle. Celui à gauche, sur ce dessin réalisé en 2016. Si si... 

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Cette étrange mascotte qui me suit dans mon activité graphique personnelle depuis deux ans, une sorte de croisement bizarroïde entre l'embryon et le petit homme gris importé directement de la pop culture la plus réchauffée en provenance directe de Roswell. Ce que j'appelle le "Shining Kid" (clin d'oeil au Radiant Baby de Keith Haring, symbole d'énergie et d'espoir pour le futur) ou, de façon plus personnelle, Caleb. Pourquoi ce prénom ? Bon, puisque le seul fait que ce prénom m'a toujours plu n'est pas un argument suffisant... Voilà mon explication. 

Caleb, prénom rarement usité aux Etats-Unis (mais quand même bien présent du fait d'une culture WASP (White Anglo Saxon Protestant) bien implantée dans cette partie du monde), est également un des protagonistes de l'Ancien Testament (ben oui... La Bible, quoi. Faut bien se cultiver un peu), et apparaît plus précisement dans le Livre des Nombres. Envoyé par Moïse avec onze autres éclaireurs pour reconnaître le pays de Canaan (en gros, la fameuse Terre Promise aux Israélites à leur sortie d'Egypte), il sera un des deux seuls à en faire l'éloge et à exhorter à sa conquête, et logiquement à pouvoir y entrer avec ceux qu'il resterait (les autres éclaireurs, pas sûrs de pouvoir conquérir d'emblée Canaan, étant condamnés par Dieu à rester dans le désert et à y mourir... Bref, fallait vraiment pas manquer de foi à l'époque). Un gros veinard, en somme. 

Passée cette minute de culture biblique, vous vous demandez peut-être : "Tout ça c'est bien beau, mais que signifie Caleb pour toi, Loba ?" La vérité, c'est que Caleb partage avec le Radiant Baby de Haring sa symbolique d'espoir, qu'il soit heureux et porteur, ou au contraire étouffé, voire avorté... Il a le bas du corps replié, la tête baissée, tandis que son bras est tendu et ses doigts se dirigent vers le haut. Il est à la fois un symbole d'espoir, de confiance en l'autre dans ce qu'il a de bon... Bref, ce petit bonhomme brasse autant de significations qu'il ne provoque (parfois) d'incompréhension. L'embryon, c'est à la fois ce qu'on soupçonne et ce qui pourtant nous émeut ou nous émerveille de par sa complexité, sa fragilité. 


J'éprouve en ce moment le besoin de m'émouvoir de l'Humanité dans ses meilleurs côtés, de me rendre compte que non, tout n'est pas si définitivement irrécupérable en elle. J'en étais déjà émue de façon plus ou moins évidente, observant et analysant sans cesse, mais depuis peut-être quelques semaines, ce sentiment s'est accentué avec une aisance presque innée. Je n'ai jamais eu de haine en fait, quand je regarde bien. Bien sûr que l'Homme peut me mettre en colère, me décevoir, bien sûr que parfois je le trouve pathétique. Aussi pathétique que ce que JE peux être quand je me mets minable au point de me décevoir par rapport à mes objectifs éthiques (ou moraux, gardez l'adjectif qui vous conviendra selon chacun)... Bien sûr c'est rare, mais c'est possible que cela arrive, d'où l'intérêt de ne jamais se conditionner abusivement dans l'idée que le Mal, une fois qu'il a été fait, va être refait. il POURRAIT être refait... ça laisse de la marge pour se corriger, du coup. 

Il en va de même pour l'Humanité.

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Francisco de Goya, Le sommeil de la raison engendre des monstres. Gravure à l'eau-forte et à l'aquatinte, 1799

Je crois au Bien comme au Mal, mais n'allez surtout pas me faire ériger le Péché en notion-clé de l'existence humaine. M'entraver dans ma propre expérimentation de la Vie dans ce qu'elle a de bon, au motif d'une rigueur morale plus que difficile à atteindre complètement, ce n'est que pure injustice quand on sait que les vrais Diables, de nos jours, sont aussi versatiles que le sens du vent. Vous vous rappelez ce film, Témoin du Mal, avec Denzel Washington ? Vous vous rappelez l'histoire ? Franchement, pour avoir une idée proche de la vision que je me fais du Mal, regardez-le. 

Il peut s'agir aussi bien du paumé du coin qui va devenir intégriste religieux par désespoir et frustration (ou même serial killer en puissance, car les deux sont très proches...), que du PDG d'une grande multinationale du pétrole (genre le gros salopard capitaliste qui s'acharne à saccager plus ou moins indirectement la Terre-Mère), ou encore le bon père de famille, marié, deux enfants (hin hin, les séries du grenier...) qui va s'attaquer à des femmes et des enfants (le genre de mec que je ne me contenterais pas uniquement de castrer, même à vif.)... La liste est longue concernant les différents spécimens de salopards.

Le Mal n'est que le moment et la suite de circonstances où tu acceptes consciemment d'être l'élément déclencheur ou conducteur de ta perte comme de celle d'autrui.

En écrivant cet article, je me souviens que j'ai mis la musique à plein régime. Je baisse un peu le son. Mais quand même, le R'n'B et le hip-hop, c'était mieux avant. Ambiance ghetto de la West Coast pendant que je m'acharne à rédiger. Ne surtout pas perdre la forme... 

Donell Jones (Lisa Left Eye Lopez) - U Know What's Up

 

Courses faites, caisses bientôt renflouées, là n'est pas le plus important évidemment, mais en ce moment on peut dire que mon moral est au beau fixe. Ma vérité est ailleurs, je le pressentais déjà depuis le début de l'année. Mais là, elle s'offre carrément à moi, sur un plateau, plus douce et pourtant plus ardue à conquérir que jamais. Je vous explique.

Où en étais-je ? 

Ah oui, Caleb. 

 

Il exulte, car il me voit changer, et positivement. (si si, être borderline et plus particulièrement émophane donne accès à certaines capacités positives, car elles sont plus ou moins consciemment travaillées... Je parlerais de l'émophanie dans un prochain article).

Vous n'imaginez pas à quel point cela me rend heureuse, combien je suis soulagée, quasiment. J'exulte... Conjuguer tout le désir et tout l'amour qui ne demandent qu'à s'exprimer, OUI, OUI, MILLE FOIS OUI ! Mais...

Il va me falloir travailler sur certains travers de ma personnalité. je dis cela en sachant qu'ils ne sont pas nombreux, mais ils peuvent être intenses, d'une intensité à réguler disons.

De par ma patho, je suis jalouse (en gros, tu tournes TROP autour de mon mec, je t'éclate. C'est un avertissement aussi simple que ça) et insécure (peur de l'abandon et parfois mise à l'épreuve inconsciente de l'entourage soupçonné généralement à tort de préméditer l'abandon, sentiments de vide, recherche accrue de l'intimité tout en craignant la perte voire l'omnipotence de cette intimité... Bref c'est loin d'être des vacances pour nous comme pour autrui, et je peux vous garantir qu'on en chie. D'où l'intéret de travailler dessus). Prenons la jalousie, qu'est-ce que c'est ? Une frustration. La frustration, qu'est-ce que c'est ? La sensation de ne pas avoir tout de suite ce qu'on voudrait. POURQUOI ? Pour être certaine de ne pas se sentir comme "abandonnée", "larguée"... Même dans un laps de temps assez court, alors que la plupart du temps ces impressions sont complètement irrationnelles. la crainte de l'abandon est épuisante non seulement à cause de sa récurrence, mais aussi à cause de l'intensité qu'elle prend quand l'autre, par exemple, ne vous donne aucune nouvelle pendant quoi, deux semaines, deux jours, deux heures...

Ces caractéristiques ne sont pas des accès de possessivité malveillante. Contrairement à ce qu'on peut voir dans les films ou les reportages les plus racoleurs, être borderline, ce n'est pas être la connasse qui va se mettre à vouloir vous nuire, genre Glenn Close dans Liaison Fatale ou l'amant éconduit qui va stalker son ex pour avoir le sentiment de contrôler encore un peu la situation (un petit conseil par ailleurs si vous comptez faire la java à votre mariage, ne passez JAMAIS Every breath you take de Police entre deux passages au buffet. Conseil d'amie, même si vous comprenez l'anglais pour certains, et si par hasard comme moi vous êtes fans de Police et de Sting). Cette peur de l'abandon et du rejet représente vraiment une grande souffrance, qui existe de par l'énergie qu'elle pompe dans la peur primale d'être abandonné, peur irraisonnée à l'origine d'une situation de négligence généralement avérée, pour peu qu'on s'en souvienne, ou qu'un de vos deux parents s'en souvienne. même quand elle est contrée par quelque chose de positif qui nous rassure et nous fait penser à autre chose dans la demi-heure, (comme le réconfort et les encouragements par une autre personne). L'intensité est vraiment très forte en très peu de temps, elle peut très vite se calmer, mais elle ronge totalement la confiance qu'on s'efforce d'avoir en l'autre si on ne travaille pas dessus. Je le dis tout en confirmant ma propre expérience passée et encore parfois présente de cet aspect de ma vie relationnelle. 

Mais quand je réfléchis, je me dis que c'est quand même grotesque l'énergie qu'on laisse partir là-dedans. 

J'ai été en deuil (parfois abusivement, j'avoue) d'une relation amoureuse ratée pendant un an et demi. Mais durant mon deuil, j'ignorais que quelque chose était en train de se faire dans ma vie sociale qui allait complètement changer la donne psychologiquement et affectivement. De fin 2016 jusqu'à ce début de mois, il aura fallu un an pour que je comprenne qu'en fait, on entendait mon appel au secours, sans jamais rien soupçonner ni personne. J'ai tenté une approche , j'ai observé, écouté, analysé en me demandant si ce serait concluant.

Et depuis hier seulement, je sais enfin que mon intuition n'était pas si déconnante. Trop long à expliquer, mais je sais aujourd'hui que je ne suis plus toute seule. J'ai ouvert une porte qui donne sur un sentier familier et pourtant nouveau. Je ne veux plus retourner en arrière, je veux pouvoir le parcourir avec ce qu'il comportera, sereinement, mais tout en restant observatrice. 

Je n'ai jamais été seule, jamais abandonnée. Mais quand elle n'est pas sublimée pas domptée, ma pathologie veut me faire croire le contraire et ça redevient une vraie merde. D'où l'intéret de ce qu'on appelle l'Emophanie, une sorte de reflet positif du Trouble Borderline : 

Quelles sont les traits de caractères d'une personne émophane (ou de l'émophanie)

De ma propre expérience, les personnes qui souffrent d'un trouble borderline ont (au moins au fond d'elles-mêmes) quasi tous les traits de caractères suivants:
ATTENTION: La question n'est pas fonction des conséquences éventuellement négatives d'un trait de caractère (c'est pas toujours la "joie" d'être hypersensible), ni même d'une éventuelle incapacité à le mettre en oeuvre du fait du trouble, du déni ou d'une dépression. Je peux par exemple être très sensible au fond de moi mais pour autant me montrer froid comme le marbre... il n'empêche que la sensibilité fait partie de mes traits de caractère

# Altruisme (tendance naturelle à aimer et à aider son prochain)
# Autodérision (capacité à se moquer de soi-même)
# Bon fond
# Créativité
# Curiosité (désir de comprendre, de connaitre, de s'instruire)
# Empathie (capacité à se mettre à la place d'une personne et de ressentir ce qu'elle pense)(par ex: si je vois une personne qui souffre, je vais me mettre à ressentir sa souffrance)
# Enthousiasme (Forte émotion se traduisant par de grandes démonstrations de joie)
# Exigence de soi
# Force de caractère (par ex: supporter des choses que beaucoup ne supporteraient pas bien longtemps)
# Générosité (disposition à donner sans compter)
# Modestie (absence de vanité, d'orgueil)
# Naïveté ("innocence de l'enfant")
# Ouverture d'esprit ("facilité à comprendre et à admettre des idées et opinions qui sont nouvelles ou inhabituelles")
# Probité ("Droiture, intégrité, honnêteté, justice au sens 'moral' ")
# Remise en question ("capacité à envisager que ses hypotheses ou croyances sont potentiellement erronées")
# Sensibilité

 

En attendant, je renforce comme toujours les liens qui m'unissent à ceux qui savent, mais qui comprennent. Les vrais se reconnaîtront.

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Et comme j'ai bataillé sur une semaine pour pondre ces notes, j'en profite pour les dédicacer à une personne particulière. 

J'ai l'art et les savoirs en récréatives, mais désormais je t'ai en dure. Quel chemin pour parvenir jusqu'à toi. Tant à te dire, à te montrer, tant à partager et à renforcer avec toi. C'est vite dit mais franchement pensé. Mais vu que je ne peux pas tout dire dans cet article qui se termine, je ne peux que conclure par cette phrase: Je t'aime.