En pleine lecture du bouquin récent sur Spike Lee, d'où le titre de cet interlude (un de ses premiers films, sorti en 1989) . N'hésitez pas amis lecteurs, le livre est vraiment excellent.

Premier lien Babelio vers l'ouvrage pour mes lecteurs cinéphiles et curieux : 

Spike Lee : American Urban Story - Karim Madani

Critiques (6), citations (4), extraits de Spike Lee : American Urban Story de Karim Madani. Je dois vous avouer que, contrairement au cinéma des Coen que j'ai app...

https://www.babelio.com

Et petit trailer de Do the right thing, c'est cadeau ^^ 

Je boucle cet interlude avec un sentiment mitigé de calme et de colère.

Du calme car entre les quatre murs de mon appartement, je trouve toujours pour écrire une sérénité qui n'existerait même pas au RU de mon ancienne fac aux heures de cours. 

De la colère aussi, pour des raisons que vous connaissez. de la maladie, de la frustration, un peu. Mais surtout une envie de tout envoyer chier qui s'estompe heureusement avec des circonstances positives et de la bonne musique. 

Always safe. 


7 août 2019, 9 heures 33 :

Journée ensoleillée, presque trop pour moi, mais nous ne sommes pas en octobre.

Il faut beaucoup de sagesse pour se libérer du poids d'une tourmente, même si ça ne veut pas dire que la tourmente en question va disparaître... Et beaucoup de recul pour se décider à laisser partir ce qui doit partir de soi, des autres... Quitte à devenir une autre personne, au moins à 50 %...

J'en suis arrivée à un point, mentalement parlant, où même si la notion de rupture, de séparation me fera toujours très mal, je finis par accepter non pas cette notion mais le fait d'avoir mal. La douleur faisant partie de nos vies, de nos sociétés... De nos conditions de mortels en fait, en fin de compte. On n'y échappe jamais vraiment, comme on n'échappe pas au gluten, au fisc ou à un reportage sur Kim Kardashian. La douleur est bel et bien présente, presque omnipotente dans sa fourrure et chaussée de Louboutin, reine des nuits de chagrin (comme de gastro, crainte ancestrale de l'Education Nationale et du patronat pour justifier de l'absentéisme galopant des têtes blondes et des têtes de turcs). Tellement omnipotente que quand on peut la faire trébucher de son bûcher des vanités, on hésite à peine. 

martinet

Tremblez, ma vengeance sera terrible.
(bah oui, puisqu'on peut plus parler de châtiments corporels en France, ni fessées ni claques... Bah pour contourner la censure, j'ai mis la photo d'un martinet noir ^^)
(l'art de jouer à la conne jusqu'au bout ^_^ )


Bref. On va arrêter de souffrir et on va faire trébucher la vieille conne, qui se relèvera encore et encore. Indifférente et soudaine, ou langoureuse. Est-ce qu'elle sait au moins où elle se trouve, rombière abjecte aux yeux d'arrogance, formidable croisement entre Anna Wintour et Martin Shkreli (investisseur fraudeur tristement célèbre aux Etats-Unis pour avoir fait passer le Daraprim à 750 dollars, médicament utilisé notamment pour soigner les personnes atteintes du Sida ou de la malaria, et pour avoir acheté un album de Kanye West à 10 millions... Quel goût de chiottes) ??? 

J'ai bien peur que non.

 

Brenda

 Oui, enfin quand je parle de la Douleur comme d'une vieille conne, elle a pas forcément cette gueule... Quoique. 

11 août 13 heures 19 : 

Dimanche au calme. Me sens entre deux eaux, incapable actuellement de vraiment envisager sereinement la suite du mois. à part l'anticipation d'un voyage dans le sud pour début octobre (si si, pour voir du pays...), je ne vois pas ce qui pourrait m'aider à apprécier la fin d'un été qui se sera révélé douloureux pour moi.


Beaucoup de choses en tête. Je n'arrive plus à me considérer comme complètement sereine. La sérénité, denrée rare même si mon bonheur peut exister. Suis partagée, en pure borderline, entre l'envie d'envoyer paître certaines personnes et l'envie de leur pardonner d'avoir joué aux cons avec moi. Cette douloureuse compassion,cette rage presque jouissive. Mais je m'égare. 

Aujourd'hui on peut te quitter, presque te disqualifier pour un rien, ou pour quelque chose de toi qu'on aurait pu gérer plus correctement. Ce que j'appelle la raison du plus con (enfin , une parmi d'autres du même acabit). On te vire parce que pas conforme, parce que pas commode. Bah je suis pas conforme pas commode. Je ne dis pas ça comme quelque chose de joyeusement agressif. Et je n'en souffre qu'à peine. Je le vois comme un état de fait, une réalité presque indiscutable. Je revendique calmement mon retrait sans emmerder personne, je n'incite personne à faire comme moi. Tu arrives à bosser huit ou neuf heures heures d'affilée, avant de rentrer chez toi pour affronter la solitude ou d'autres êtres aussi saturés que toi à la fin de la journée, soit. Mais ne me demande pas de faire la même. 

JE NE SUIS PAS DANS LA NORME. NOPE.




La  Norme. NNNNNNOrme. La N. La haine de soi, la haine de penser, de critiquer, de créer... La norme est une haine cachée, inconsciente, elle opère quand j'aurai envie de dormir jusque 11 heures le lundi matin. La (N)orme de sommeil, de repos. La (N)orme de disponibilité, de rendement... De pensée, de parole, de loisirs.... La N. Haine du retrait tangible des êtres les plus sensés, les plus éveillés, retrait de tout un système lancé comme un cheval au galop vers sa propre chute, ses propres failles. Je suis en retrait, mais je ne le fais pas pour me réfugier dans un monde imaginaire, ou pour me bunkériser devant Netflix. Moi-même ne comprenant pas cet engouement excessif pour ce truc... Petite, ou ado, j'ai connu les dernières années des video-clubs où on allait chercher un film, une série avec une simple carte de membre payée trente balles l'année, les rayonnages de boitiers vides, tu devais chercher la cassette ou le DVD au comptoir, et tu jetais un regard discret sur le rayon protégé par un rideau... Tu devais ramener le support d'ci une semaine... Bref nous sommes en 2019, mais avec la VOD, le streaming et Netflix, nous avons perdu la beauté du geste, le plaisir de s'approprier deux bandes enfermées dans une boite en plastique noir. Plus tard des données contenues sur un disque. 

Putain que nous sommes gâtés, trop. Des toxic babies gavés de technologie et demandant toujours plus de performance, le top du nanoprocesseur. Tout ça pour stocker des putains de selfies avec des bouches en canard et des têtes d'ahuris par milliers ^^ 

Je devrais entrer en dissidence. Effacer tous ces putains de selfies et de fichiers qui ne me servent à rien. Garder le nécessaire sur ordi, portable, et surtout clés USB. En mode survivaliste, puisque je constate moi-même l'effondrement prochain de la société. Arrêter de dire. Et commencer à faire. Mais préserver les connaissances et les réalisations de base, bordel ! 

Du mal à me concentrer devant un film, une série. Ou vraiment, je dois me donner presque un coup de pied au cul pour rester devant l'écran deux heures sans bouger, sans réfléchir. Que voulez-vous, trop lucide...

La raison du plus con pour arrêter le film n'est jamais la bonne en comparaison de la raison du plus lucide.