6 décembre 2018 :


Sale ambiance en ce moment, en France. Entre la crise des Gilets Jaunes, la musique du Marché de Noël qui tape sur le système et Cyril Hanouna qui a toujours pinon sur rue et sur temps de cerveaux dispos.
Fort heureusement, il y a encore de la Haagen Dasz (celle aux cookies, nou caramel au beurre salé, ou banane. Pas autre chose, hein. Et c'est pareil pour la Ben and Jerry's alors essayez pas de me niquer avec celle à la noix de macadamia!!! ^^). 

Je démarre et article avec un bas de survêt' sur les fesses, mon débardeur noir fétiche sur le dos et un masque hydratant matifiant sur la couenne, pendant que ma télé subit en replay le doublage insupportable en VF de Raw, doublage malheureusement requis pour suivre les rivalités entre tel catcheur ou tel autre, entre The Shield et John Cena, Alexa Bliss ou Ronda Rousey... Insupportable doublage, mais l'action en elle-même me vide la tête aussi efficacement qu'un bon album.


8 décembre, 17 heures 46 :

NOTE ANNEXE : Roland Barthes avait écrit à ce sujet un très bon texte, que je dois chercher parmi d'autres choses dans la Grande Toile. Je dois absolument trouver son livre Mythologies (1957). Roland Barthes y décode les signes dans le quotidien : la publicité, les marques, le design, les faits de société comme les mariages médiatisés.

Il s’agit d’une démystification des choses et des usages.

Cette sémiologie, étude des signes, a eu un fort succès,    et aujourd’hui encore ses décodages font référence. Et ce décodage fait toujours succès dans les journaux, chroniques et blogs. Où l’on « commente », décrypte.

Le catch, ou la scénarisation de nos émotions et de la Comédie Humaine.

L’essai de Roland Barthes, publié en 1957, commence par une sémiotique du catch. En lisant le texte, on est surpris de sa modernité. Aujourd’hui, le catch est redevenu un divertissement apprécié de la jeunesse. On comprend pourquoi.

Le catch ou l’art de l’immédiateté.

Le retour à l’immédiat, le spectacle gratuit et donné sans introspection du spectateur sur ce qu’il voit, voilà un thème d’actualité. Autant dans la boxe, on exige l’effort. Le combat se fait dans la douleur, l’effort, jusqu’à la victoire ou la défaite. On ne sait qui gagnera et c’est dans la lenteur du combat que se noue l’intrigue du sport. Autant dans le catch, tout est dans l’immédiat. Les prises sont purement des codes, et sont une mise en scène du spectacle. Comme au temps du cirque romain et des gladiateurs, on hurle contre les catcheurs, ou on les adore. Personne n’est dupe. On sait qu’on fait semblant.

On passe d’une prise à terre, à des coups menés dans l’élastique du ring. Il n’y a pas de continuité dans l’effort. « On zappe », comme on dirait aujourd’hui.

La justice humaine exhibée.

Dans le catch, on passe du pauvre catcheur martyrisé par le « méchant », qui enfreint les règles du jeu, à un retournement salvateur. Le salaud est pris au piège, par un retournement soudain. La foule crie, subjuguée et jouit de la vengeance.  Le public est juste, il n’a pas besoin d’arbitre, ou de règles. Il sait le bien et le mal. Et il n’a aucune pitié devant le salaud qui a pris en traite son partenaire de scène. C’est oeil pour oeil, dent pour dent. Pas d’intermédiaire dans cette justice, où l’intimité du coeur , et non la raison, trouve sa vérité.

Roland Barthes de conclure :  » Sur le Ring et au fond même de leur ignominie volontaire, les catcheurs restent des dieux, parce qu’ils sont pour quelques instants, la clef qui ouvre la Nature, le geste pur qui sépare le Bien du Mal dévoile la figure d’une justice enfin intelligible"

 

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NOTE REDACTION : Ce qui signifie que contrairement à la réalité du monde actuel, où la justice est devenue tellement alambiquée par de multiples articles de loi, les circonstances individuelles des accusés et des victimes, corrompue par les passe-droits et autres vices de procédures... Qu'elle en est devenue ultra décriée par le peuple, dans le catch la justice retrouve de manière à la fois symbolique (ou archétypale si on se réfère à Jung et ses travaux) et littérale l'action et l'impact que cette action aurait du garder d'ordinaire aux yeux du peuple (ici, le public de la WWE). On punit  qui doit l'être ou on encourage, on récompense ce qui doit l'être. (d'ou l'évocation plus haut de la loi du talion qu'on retrouve dans la Bible, notamment dans les livres du Lévitique et du Deutéronome.) Pas de sursis pour les salauds, pas de pots-de-vin. Si dans la réalité ça tangue dangereusement, dans le catch on ne rigole pas avec les conséquences, aussi théâtral que ça puisse être, mais mieux vaut cela qu'une ambiguité de traitement beaucoup plus vicieuse dans notre réalité.  

Ce qui explique fort probablement et indirectement l'intérêt pérenne que peut susciter cette discipline chez ses fans. La soif de justice, la vérité objective originelle de la présence humaine sur cette planète. Vivre sans faire de mal à quoi que ce soit ou à quiconque, au risque d'être puni, retranché de l'harmonie globale visée. 


11 décembre 2018, 10 heures 24 :

Plein de pensées qui me viennent, pas des pensées à la con fort heureusement. De l'introspection, de l'exaltation mentale et même des génériques de séries américaines. 

1 - Pendant longtemps, j'ai eu la volonté profonde de fuir, de m'enfuir, en train ou en camping-car. J'ai eu cette volonté non pas pour fuir un milieu toxique (qui n'a jamais eu lieu d'être d'ailleurs.), non pas par goût acharné de l'aventure.... Mais pour me sentir plus forte. ça vous paraît étrange ? Oui, me sentir plus forte par le fait même de partir, bouger à ma guise et aller n'importe où. Par le fait de partir en voyage, j'ai toujours eu cette sensation de puissance. Ce qui me mettait en danger n'était ni plus ni moins que la peur de l'ennui et de l'enfermement.

Pendant longtemps, j'ai eu la volonté de fuir. Mais aujourd'hui, sans perdre la volonté de bouger, je n'ai plus envie de le faire. Plus j'avance dans le temps en dépit de certains paramètres de vie (santé mentale, une certaine précarité...), plus je me sens consciente de ce que je veux pouvoir faire, vivre...  et être totalement prête pour. Plus envie de fuir sur la route, plutôt envie de continuer à assumer ou à accomplir pleinement ce qui doit l'être. 

Être conscient-e non pas d'un éventuel destin (anticiper les choses à ce point se révèle souvent être une erreur stratégique), mais de sa réalité présente, ce qui semble même bien plus sage et concret que la notion un peu stupide de destin qu'on subirait sans trop pouvoir modifier grand chose. Nous ne sommes pas faits pour subir les choses qui nous dérangent, mais plutôt pour les arranger, sinon les corriger complètement. 

15 décembre 2018, 9 heures 55 :

 

"Ce matin, j'ai faim. 

Pas plus qu'hier, pas moins que demain. J'ai faim de lui, de ses caresses. De sa fougue et de son désir inconnu à mon adresse. J'ai tout l'amour et toute la prévenance possible, mais voilà, j'ai faim. Mon bol est vide et le souffle de celui que j'aime, même s'il m'est vital, ne me nourrit pas. Je regarde les autres si nombreuses, dans ma paranoïa je crains secrètement qu'on ne remplisse leurs bols.
RENDEZ-MOI LA PART QUI ME REVIENT, SALOPES !
J'ai envie d'aller vers elles, de renverser leurs bols encore vides avant la distribution, de les secouer toutes jusqu'à ce que leurs dents s'entrechoquent, de mordre les carotides... Mon but n'étant pas de faire mon festin de leurs vies, mais de simplement augmenter mes chances d'attirer le riz à mon bol. Leurs vies je m'en moque, je vois les bols. Briser les bols. 

Où me conduirait ma faim... "

Ne cherchez pas à comprendre. Ou alors si, cherchez. Comme ça, pour le fun. J'avais envie de le sortir, ce petit texte. 


Fuir le monde. Jouir, abondamment et violemment, mais toujours avec le coeur. Rire de la mort, du capitalisme et de la dernière pétasse proclamée influenceuse sur Instagram. Mourir, loin du monde, du dieu Dollar, d'Instagram... Bref, la détox. Une vraie bonne détox de l'existence. Avec toi m'entourant de tes bras, tes bras ta bouche tes yeux tes mots tes doigts ta bite. Na. Toi et moi, et le reste basta. 

Je t'aime, à la folie. Mais putain que j'ai les crocs.