(N'empêche, bonjour l'hommage pourri aux pubs Cup Noodles dans le titre...) Bon allez, c'est cadeau. 

 

Ce dimanche, soleil écrasant comme une mégère avant l'arrivée de l'orage désiré comme une amoureuse. C'est dire le degré d'endurance de ma peau, en dépit des milliers de verres d'eau remplis à ras-bord et avalés en cinq secondes. 

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Un des seuls avantages que je trouve aux jours de canicule, avec les robes légères et les douches prises à deux (l'art de savoir économiser l'eau... Si si, même avec Hulot qui a retourné sa veste au gouvernement, moi j'y arrive, encore. Na.)

 

Autrement, condition psychique bien meilleure depuis vendredi soir. Plus j'avance dans le temps, plus j'en apprends, plus je me dis que je suis sur une bonne voie. Avec le temps, les liens entre certains événements et certaines circonstances se font de plus en plus évidents et sans faire dans le fatalisme, il me devient impossible d'avancer sans me dire que quelque chose de bon semble être calculé à mon intention (mais pas uniquement) et m'attendre plus ardemment lorsque j'ai trouvé chaque indice qu'il me laisse. Le bonheur n'est pas une finalité statique. Il est une quête fluctuante. Tu peux tout avoir, tout vivre, et te demander à un moment donné : "Comment j'ai fait pour en arriver là?!"

HORS DE QUESTION que j'en arrive un jour à ce point !!! Je refuse de vivre en pilote automatique ! Soyons conscient-e-s de nos destins, aussi improvisés soient-ils !

Pas comme David Byrne : 

And You May Find Yourself Living In A Shotgun Shack 
And You May Find Yourself In Another Part Of The World 
And You May Find Yourself Behind The Wheel Of A Large Automobile 
And You May Find Yourself In A Beautiful House, With A Beautiful 
Wife 
And You May Ask Yourself-Well...How Did I Get Here? 

Talking Heads, Once in a Lifetime (1980)

 

"Feed me, Seymour ! Feed me all night long !"

Leçon importante en ce deuxième week-end de juin ! 

Même avec la chaleur, le stress, la sensation de légèreté, de contrôle, la fréquence de l'activité quotidienne... Bref même sans le faire, et ce pour des raisons concrètes, le fait de me restaurer ne doit plus me quitter. Je ne le dis pas par frénésie personnelle, ni par zèle.

Pas par frénésie personnelle, car pour beaucoup de personnes qui le vivent (j'ai aussi connu cela à une époque de ma vie, aujourd'hui j'en suis grandement sortie.), la boulimie comme l'hyperphagie sont la manifestation d'une souffrance non exprimée, et par dessus tout non assumée, quelle que soit la cause. Ceci n'est pas un caprice, encore moins une mode en comparaison des greluches pro-ana qui donnent pignon sur rue à l'anorexie. 
Et pas par zèle, dans la mesure où même si j'assume mes formes, je ne cherche pas à les exagérer.

Pourquoi je décide d'en parler ici, me demanderez-vous ? Parce que de fin mai jusque hier, pour être plus précise, je n'ai quasiment pas eu faim. J'ai donc carburé plus exactement : à l'eau, au thé, au café, aux jus de fruits, aux soupes (déshydratées ou pas, d'ailleurs). Les seuls trucs solides ? Pas vraiment de souvenirs. Des yaourts et des compotes à la pelle, Un sandwich de temps à autre, peut-être, du pain, je ne sais plus vraiment. Pas de souvenirs précis. Toujours est-il que de par la température, et surtout le stress et les angoisses, je veux bien reconnaître que durant ce laps de temps je n'ai pas avalé grand chose.
Je n'ai même pas fait ça dans le but de maigrir ou quoi que ce soit de cet ordre. (Et curieusement, je me rends compte qu'avec en plus le stress et la chaleur, c'est comme si j'avais eu en peu de temps une montée de tension intérieure, angoisses plus fortes, plus lancinantes. Un peu comme une brûlure ou quelque chose qui tape comme après un coup. Voire même des petits pics d'agressivité, à mon grand regret.)

Non vraiment, les seules raisons qui me reviennent, sont toutes celles que j'ai marquées plus haut, mises à part les sensations de légèreté et de contrôle que j'en ai retirées. Une volonté de puissance qui peut effectivement passer, chez moi, par la restriction alimentaire. Pas la privation, c'est différent. La privation implique une frustration. Or le but n'était pas de me faire du mal, je pense maintenant que le but sous-jacent de ma restriction alimentaire ne visait ni plus ni moins qu'une volonté décuplée de contrôle... 

C'est pourquoi je tiens à livrer une explication concrète. Bien entendu, je ne cherche pas à me faire excuser étant donné que mon comportement alimentaire, à long terme, représente une porte ouverte à nombre de carences en matière de santé. Je ne cherche pas forcément à être cautionnée mais comprise, d'autant plus qu'il aura suffi des interrogations d'une seule personne pour que je comprenne, à la faveur d'une saine dispute, qu'il me fallait reconsidérer la chose autrement. (Quelle personne ? Ce n'est pas moi qui vous le dirai, mais je lui suis profondément reconnaissante autant pour cette raison que pour d'autres, présentes comme à venir). 

(NOTE EXPLICATIVE : 

Lorsque je vais particulièrement bien, je n'ai pas faim de par le fait qu'en étant mentalement prise dans une émotion extrêmement positive, je ne ressens ni la faim, ni même la fatigue voire l'épuisement, ou alors après un bon moment. D'où actuellement mes quelques nuits blanches chez moi ou chez des ami-e-s. Un peu comme les individus sous ecstasy ou héroïne en fait, sauf que c'est moi et moi seule de par mes émotions positives qui génère le flash. Comme si j'étais la substance. Et même quand on me voit marcher, dans ma tête j'ai l'impression de faire un pogo, dans ces moments-là... C'est exactement ça, à la limite je pourrais carrément faire un pogo ou un wall of death. Ben si, comme au Hellfest. 

Et quand je suis en situation de stress ou de détresse intense.... Alors là, c'est tout l'inverse, même si la détresse émotionnelle est le pire des deux facteurs déclencheurs. Je deviens alors ultra épuisée, du genre à dormir l'après-midi pendant deux ou trois heures, je comate autant qu'un gros fumeur de ganja, je pleure à m'en épuiser encore plus, etc... M'épuiser sans jamais pouvoir me faire partir. Un peu comme un tissu mouillé qu'on essore à la main, jusqu'à la fibre mais qui sèchera à l'air libre de toute manière. J'ai l'impression, quand je vais très mal, que je suis à côté de moi-même, je me vois littéralement aller mal. Bon après je sors pas de mon corps en disant ça, je ne suis pas une grande fan des projections astrales... Mais en psychiatrie, c'est ce qu'on appelle la dépersonnalisation. On peut lire à ce sujet que : 

Les individus souffrant de dépersonnalisation se sentent à la fois détachés du monde et de leur propre [...] incarnation physique. Souvent, les personnes ayant expérimenté la dépersonnalisation disent avoir l'impression que « la vie ressemble à un film, les choses paraissent irréelles, floues, sensation de vertige et de grosse fatigue4. » Le sentiment d'identité de l'individu se brise, ce qui donna ce nom à ce trouble. La dépersonnalisation peut déclencher de grands degrés d'anxiété, qui peuvent augmenter de loin ces perceptions5.

La dépersonnalisation chronique désigne un trouble de la dépersonnalisation, et est classifiée dans le DSM-IV en tant que trouble dissociatif. Une dépersonnalisation et déréalisationempirique peuvent survenir chez un patient à cause d'une anxiété, un stress temporaire, tandis que la dépersonnalisation chronique est liée aux individus ayant fait l'expérience d'un traumatisme ou d'une anxiété, d'un stress prolongé. La dépersonnalisation-déréalisation est le seul symptôme principal dans le spectre des troubles dissociatifs, impliquant trouble dissociatif de l'identité et « trouble dissociatif non-spécifié » (DD-NOS). C'est également un symptôme proéminent dans certains troubles non-dissociatifs comme les troubles anxieux, les dépressions cliniques, les troubles bipolaires, les troubles de la personnalité borderline, les troubles obsessionnels-compulsifs (TOC), les migraines et l'agrypnie. Elle peut également être le résultat d'une ingestion de drogues. (Source : wikipedia.com)

 

Sauf que je ne suis pas une toxicomane, et que je n'ai rien à cacher de dangereux. Ce sont mes émotions, rien de plus.  

Et dans ces deux cas d'émotions extrêmes, je n'ai pas faim. Ou alors il faut que je me force à cuisiner, à manger, ou que les circonstances m'y amènent (quand je suis en famille par exemple). Mais du fait que je n'arrive pas à contrôler mon bonheur ou ma détresse tellement je suis dedans, comme plongée dans un océan, il faut que je contrôle quelque chose à côté, que cela passe par la création, ou par la nourriture. 

Et lorsque je suis d'humeur totalement neutre, je mange normalement, comme n'importe qui de sensé qui cherche à rester conscient de ce qu'il avale, même s'il se permet quelques extras de temps en temps. 

Mais en tout cas, voilà pour l'explication concernant mon rapport à l'alimentation. J'espère qu'elle est assez claire.)


Autrement, petit clin d'oeil ironique à cette situation... En traînant sur Youtube, pourquoi fallait-il que je tombe sur La petite boutique des horreurs et sa plante carnivore géante (qui porte mon prénom, en plus.)... Je vous le demande... 

Je vous souhaite une excellente fin de soirée. Je vous embrasse.