Ladies and gentlemen, welcome à bord du vol 6991 de LoBazaar Airlines à destination de Realidad …

Mon nom est Loba, je suis votre chef de cabine. Le commandant de bord Stan Torrance et l’ensemble de l’équipage ont le plaisir de vous recevoir à bord de ce vol LoBazaar Airlines. Nous nous assurerons de votre sécurité et de votre confort durant ce vol à destination de Realidad. Nous vous informons que les membres d’équipage masculins portant un string noir en cuir à insigne rouge sont chargés d’assurer la sécurité et le confort à bord de ces dames et des quelques messieurs qui le désirent.
(je plaisante, c'est n'importe quoi.)
Les téléphones portables doivent maintenant être éteints et ce jusqu’à l’arrivée de notre point de stationnement, mais vous pouvez activer les stimulateurs clitoridiens, mesdames, et les masturbateurs, pour vous messieurs, qui vous ont été fournis avant l'embarquement. Veuillez détacher votre ceinture de sécurité impérativement après le décollage. Au nom de LoBazaar Airlines et de ses partenaires SkyFuck, nous vous souhaitons un très agréable voyage. 
(Bon, maintenant tu arrêtes ET TU COMMENCES TON PUTAIN D'ARTICLE !!!)

Euh... Ok, j'ai compris. Putain de moi. Pauvre de toi.

Période de fatigue depuis fin février, mais je pense pouvoir gérer un minimum. Comme on me l'a souvent dit, je minimise mes capacités à un point qui peut se réveler insupportable pour le premier adepte de la pensée positive qui passerait dans mon quartier. Mais j'espère pouvoir y voir plus clair d'ici peu, car deux semaines à supporter cet état mental ce n'est pas la mort, mais ça en donne un avant goût pas très agréable. Un état mental plus spooky que creepy. La différence majeure entre ces deux adjectifs ? Quelque chose de spooky est juste effrayant et ne ferait pas de mal à une mouche. mais quelque chose de creepy, en revanche est bien plus terrifiant et pourrait probablement avoir l'intention de vous nuire. Voilà pour la petite leçon d'anglais. 

Petit interlude poétique... Ayant eu mes lunes il n'y a pas si longtemps (logiquement, d'après le cycle lunaire, je serais en phase Sorcière, soit une phase de repli sur soi impliquant une bonne dose de repli sur soi et de rêverie, mais qui n'exclut pas le fantasme et une once de désir sexuel...) je sens une étrange montée de la flamme... Etonnant, non ?

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Aperçu de l'activité cérébrale de votre dévouée Loba quand celle-ci a une idée géniale... 
Vous trouvez que j'en fais beaucoup niveau ego ? Vous avez raison, mais ce n'est pas ma faute si je ne suis pas douée pour les idées de merde. Je vous adore, bande de pécores. 

 

La belle qui passe près du Dieu-Tigre est d'une étrange constitution : 
Corps de lionne et cœur de gazelle, 
D'elle seule émane ce qui pousse le félin rebelle
A tirer sur la chaîne qui lui sert de Raison. 
(Ne crains rien. Ne me reconnais-tu pas ?)
De la bête fière et blessée émane un parfum d'âme humaine
Que seule la sauvageonne peut percevoir, 
L'échine droite et la conviction certaine. 
Des yeux du fauve se dégagent les désirs les plus noirs. 
(Je ne te demande qu'un instant de répit, un seul ! Je sais que tu es là, près de moi.)
Elle devine l'homme, il est submergé de ses effluves.
Il réclame la femelle, derrière laquelle se lève un soleil torve. 
Mais il cesse de feuler, et attend. 
La tendresse de cette femme vaut bien un ronronnement.
(Me crois-tu quand je te dis que je t'aime encore ?)
Et alors elle s'incline, cambre les reins, relève la tête 
Avec un air de dévotion
L'animal, qu'elle connut naguère Prince et Poète, 
Retrouve les élans de son ancienne condition. 
Il agrippe doucement sa nuque à elle de ses crocs, 
Et entame sa danse folle pour échapper au Samsara.
Elle gémit et monte haut, si haut, 
car la peau de l'aimé a remplacé la féline soie.
Les murs tremblent sous les cris des amants retrouvés, 
Le ciel devient noir et jouit en sang, 
Le peuple craint cette fiévreuse réalité. 
On monte en direction du temple souillé
Cherchant la jeune femelle qu'on chassa parmi les manants
Sitôt son royal amant sacrifié, et réincarné. 
Des amants réunis il ne resta rien, sinon de longues chaînes
Rompues par la compassion des Dieux. 
Et le peuple déclina, peu à peu,
En se persuadant de sa rédemption prochaine.
Peu avant son extinction, ce peuple en pleine décadence 
Vit apparaître une poignée d'hommes et de femmes.
Les cheveux noirs et les étranges dons de la Mère,
La force et la noblesse du Père, 
Ils portaient une tendresse dans l'âme
Qui plongea les derniers barbares dans un éternel silence. 
Sans haine ni remords, ils se décidèrent finalement
à bâtir leur civilisation fragment par fragments. 
Voilà voilà.... En attendant, mon texte "Girl Meats Boys" est en stand-by, le temps de construire clairement le reste de l'histoire. En fait, je travaille à un autre texte, qui pourrait bien ressembler à un portrait d'Homme... Et comme je reprends la bonne habitude de travailler sur papier avant de recopier sur Open Office... Puis sur ce blog... ça prendra le temps qu'il faudra, mais au moins j'aurai le sentiment de vraiment m'y mettre. 

Jefferson Airplane - White Rabbit

Dans l'après-midi sans vraiment comprendre au départ. Je descends du bus, une foule près du tribunal. Un procès en attente de verdict ? Aucune idée. Des journalistes, caméramen, preneurs de son... Quelques policiers. On nous dit que des voitures vont arriver par tel côté. On voit arriver certains policiers à moto, deux ou trois voitures. Tiens, le Premier Ministre. On dit qu'il est accompagné de la Ministre de la Justice et Garde des Sceaux. 

J'observe Edouard Philippe, puisque c'est lui qui occupe ce poste (inutile de dire et redire qu'en bonne anarchisante, je suis quasiment coupée de toute sensation de stupéfaction liée à la présence de la moindre personnalité politique... J'étais dans le coin par hasard, je ne savais rien). Et alors ? je me rappelle que peu importe la situation de chacun, ministre, rockstar ou simple quidam, nous ne sommes qu'humains. J'ai pris pour saine habitude de ne pas me reposer sur la politique pour me garantir un avenir au moins correct. Respecter certaines lois tant qu'on n'en est pas encore au stade des barricades et d'une nouvelle Commune, d'accord. Mais voter pour tel gugusse parce qu'il me promet tel avantage... C'est niet. 
Je m'efforce de rester constante dans mon opinion à ce sujet. 
10 mars 
J'ai commencé un bouquin cette nuit, à deux heures du matin. La nuit a dévoré le monde. Je savais que la bande annonce de son adaptation ciné (découverte par hasard sur Internet) m'avait vachement bien accrochée, mais par la suite j'ai voulu me faire mon idée en lisant le roman. Et effectivement, il y a de quoi angoisser. Et comme n'importe quel lecteur, je fais mon propre film mental.
Pas de plans de barbaque bien sanguinolents, pas de gueule de zombies en travelling avant, mais du malaise, beaucoup.
Le malaise de la fin du monde. Je n'en suis qu'au quart du roman, mais ça promet. 
Retrouvé une vieille veste de l'armée dans mes affaires, décorée à l'acrylique mais un peu défraîchie. 
... Enfin, j'ai terminé le livre à 17 heures. D'une traite. J'en ressors ravie, et agréablement surprise du fait que je l'aie lu quasiment d'une traite. Captivée de bout en bout. 
11 mars 
Je ne dors toujours pas. L'éclair de génie de la canette énergisante bue à 22 heures (-Pas bien... BAM ! - Voilà ce que je peux te faire grâce à une bête canette de Monster, ducon.) La fin de cet article approche... Dope masturbatoire, flash orgasmique... La douche... Et c'est reparti. Ou presque. Je travaille d'ores et déjà à mon Male Portrait (à paraître dans un prochain article). 
Ce qui signifie que j'ai intérêt à me coucher, il est plus de trois heures du matin. Allez, dernier petit exercice de style : 
Le texte-matrice : 
Et, sous ses pieds, les coups profonds, les coups obstinés des rivelaines continuaient. Les camarades étaient tous là, il les entendait le suivre à chaque enjambée. N'était-ce pas la Maheude, sous cette pièce de betteraves, l'échine cassée, dont le souffle montait si rauque, accompagné par le ronflement du ventilateur? A gauche, à droite, plus loin, il croyait en reconnaître d'autres, sous les blés, les haies vives, les jeunes arbres. Maintenant, en plein ciel, le soleil d'avril rayonnait dans sa gloire, échauffant la terre qui enfantait. Du flanc nourricier jaillissait la vie, les bourgeons crevaient en feuilles vertes, les champs tressaillaient de la poussée des herbes. De toutes parts, des graines se gonflaient, s'allongeaient, gerçaient la plaine, travaillées d'un besoin de chaleur et de lumière. Un débordement de sève coulait avec des voix chuchotantes, le bruit des germes s'épandait en un grand baiser. Encore, encore, de plus en plus distinctement, comme s'ils se fussent rapprochés du sol, les camarades tapaient. Aux rayons enflammés de l'astre, par cette matinée de jeunesse, c'était de cette rumeur que la campagne était grosse. Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre. 
paragraphe final de Germinal, Emile Zola, 1885
RESULTAT FINAL : 
Et, sous sa peau, les soubresauts, les fulgurances sensuelles continuaient de battre le fer brûlant de l'imagination. Les Hommes-Fragments, passés comme présents, d'existence évidente ou fantasmée, étaient tous rassemblés. Elle sentait le frôlement délicat d'une main, le souffle d'un mot chuchoté à l'oreille, tout cela à chaque parcelle foulée du macadam ou des pavés. N'était-ce pas Caleb, en train d'entrelacer ses doigts à lui dans les siens, le regard clair et vif, dont le sourire charnu laissait présager les plus secrètes prérogatives qu'elle pouvait encore taire, doucement réchauffée par le soleil invaincu des douces saisons ? Ici et là, elle reconnaissait qui l'avait encouragée, qui l'avait désirée, ou simplement comprise. les Fragments de sa philosophie amoureuse, rassemblés en une seule pièce, ne cesseraient plus de lui délivrer quelque conseil avisé selon la circonstance. 
Désormais, à ciel ouvert, Lo rayonnait dans sa douceur résiliente, accompagnant la moindre floraison, le plus discret chant de passereau. Du grisâtre pavé rémois émanait, à chacune de ses enjambées, une énergie telle que les fleurs auraient pu largement pousser et éclore sous chaque pas sans avoir besoin de trop de temps. De toutes parts, une souche d'espoir déployait secrètement ses racines dans la matière la plus prompte à les abriter, à savoir cet esprit si versatile, quelque peu fragile mais endurant qui constituait grandement l'éternelle sauvageonne. La granuleuse promesse d'accomplissement intime se diffusait en une longue caresse. 
Perpétuellement, mais de façon désormais plus précise, telle une percussion acharnée, le Désir tapait, lancinant comme une maladie qui aurait laissé, en lieu et place de séquelles, une capacité sensorielle et émotionnelle crainte mais secrètement espérée. Mieux encore que d'un être imprévisible, c'était de cette énergie en perpétuel travail que Lo était pleine. Et à travers le Désir Sensuel, l'Amour poussait. Les Nobles Objectifs germaient lentement du Coeur à la Matrice, ne cessant de creuser dans l'âme tendre, dans les veines, atteignant la moelle ou les synapses, et dont la floraison ferait un jour exulter la Chair. 
(Bon, maintenant basta, il est passé quatre heures du matin... )