Presque une semaine que j'étais de passage à Paris pour la dernière représentation de Quills.

Le fait de simplement passer l'après-midi là-bas m'a fait un bien tel... Je suis comme ça, le simple fait de fuir une ville pour une autre, de voyager (même si ce n'est que pour quelques heures... Ben oui, j'ai pas le budget de Crésus pour l'instant), me permet de prendre du recul par rapport à des angoisses et des tracas qui ne devraient pas prendre une telle ampleur dans mon quotidien, plus que dans ma vie elle-même à tel point que j'ai réussi à oublier une ancienne fréquentation qui m'avait bien pourri la fin de semaine avant que je bouge dans le vingtième... La tentation de la fuite. Souvent espérée, évidemment reportée. Jamais abandonnée. 

 

5 heures 57

Ne trouvant plus le sommeil, j'ai allumé l'ordinateur. Une infusion à proximité et c'est parti... En ce moment, et malgré la bouffée d'oxygène de dimanche dernier, je ne me sens pas complètement en phase. Traduction : j'ai un besoin manifeste de rester entre mes murs (de ne pas forcément sortir sur invitation, quoi...) et si je sors c'est par besoin ou obligation. Je mange de façon épisodique et quelque peu anarchique. Je somnole l'après-midi, ce qui ne m'était plus arrivé depuis au moins quatre mois. Je manque d'inspiration et de concentration pour peindre un tableau et écrire une histoire dignement exécutés (pour qui n'aurait pas compris, je rame littéralement sur ma nouvelle Girl Meats Boys quelques jours après avoir franchement annoncé l'écriture en cours du troisième épisode... de plus j'ai une collabration extérieure au blog qui me demande tout ce dont je manque en ce moment. Si je ne me noie pas encore, j'en subodore l'imminence...)... 

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En six lettres, un objectif honorable, en dépit du fait de vivre vite... Mais on en reparlera. 

Bref je suis en mode instable, avec du punk bien énergique en fond musical du matin... Et à fond sur Porcherie, sur Vivre libre ou mourir... Presque un mantra. Je vais pas pas dire que passer du punk serait mon geste santé/beauté du matin *( *j'ai baissé le son, hein, il est pas encore sept heures...), mais pour une fois, ça change du combo lait de soja / flocons d'avoine / fruits secs... En ce moment ça va pas fort. Et comme le chante le mec de Stupeflip : "Je les veux grosses à la peau molle / Et qui s'en branlent du Danacol..." (Bref j'adore le morceau dont c'est tiré, un bijou de rigolade. Mais je suis aussi à fond sur l'excellent Concerto pour détraqués des Bérus, donc mon choix est fait pour l'instant... Mais je vous le passe quand même.)

 Stupeflip - Gem' Lé Moch

 

Et en plus j'ai même pas l'énergie pour une masturbation matinale. Enfin vous l'aurez compris, c'est la dèche. ^^

 

13 heures 57

Rien qu'à l'idée de sortir je sens le coup de barre. Pas le choix. Quelques documents administratifs à remettre, et la nécessité de m'oxygéner pour atténuer le fait que je ne suis pas en phase. Alors que je n'ai qu'une envie c'est me la jouer perso. Ou alors jusqu'à 17 heures, et seulement après je me manifeste, je sors de ma tanière. 

...

En plus j'ai une tête qui reflète mon état mental. Entre la partie naturelle que je vaporise à coup de produit éclaircissant alors que les cheveux ont gardé en grande partie leur couleur noire... et les deux boîtes de coloration (Chocolat et Noir intense, c'est dire mon manque de fantaisie...) mon choix va être vite fait.
C'est con, j'ai toujours rêvé d'avoir une crinière arc-en-ciel, sachant qu'à 18 ans j'avais pendant un moment deux mèches blondes à la Malicia... 

Bon allez. Je bouge au moins pour refourguer mes documents, et je suis back home dans l'heure. Ensuite, me teindre les cheveux, illico. C'est à croire que la couleur de mes cheveux est aussi borderline que ce que je peux déjà être en temps de crise. 

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Oui, enfin, pas jusque-là. Ok, ce week-end je refais du noir. 

 

15 heures 47

Enfin revenue après avoir mis du temps à partir. C'est fou ce que j'ai l'impression que les regards extérieurs m'agressent. Du collégien à la rombière, pas un individu n'échappe à ma paranoïa. Mais n'ayez crainte, pas un scandale n'a été inauguré en quatre ans d'indépendance. Ma paranoïa est silencieuse, elle ne cause de craintes qu'à ma personne. Mais pire encore, elle est

Je me sens vidée. Pas forcément de mon énergie physique. Fort heureusement, à défaut d'adoucir les moeurs, la musique le fait surtout pour mes nerfs. 

Eric Benét - Love of my own 

 

Un peu moins fatiguée du fait qu'on avance en heures, mais toujours cette appréhension dans la tête. Ce soir, essayer de sortir. M'accrocher au fait que ce n'est qu'une baisse de régime et qu'elle est relative par rapport à des cas de figure bien plus graves. 

Je ne suis pas une diva, je ne suis pas folle à lier, mais je suis dans un tel état d'esprit que je dois absolument faire attention à ne pas prendre abusivement en compte le moindre détail négatif. Une parole, un mot, un regard... Peuvent faire que même debout, intérieurement je m'écroule. 

Lutter, simplement lutter...