Bonne nouvelle pour commencer cet article de façon concrète : La suite de Girl Meats Boys est en cours d'écriture ! car oui, après quelques articles plus ou moins introspectifs (le mois de janvier a été ô combien productif, ça fait plaisir à voir...), on aurait pu penser que je m'arrêtais là faute d'inspirations solides. Eh bien je continue mon autofiction, non sans travailler sur quelques questions restées en suspens.

D'où vient le goût de Lo et Joshua pour la chair humaine ?
Qui est vraiment Ben, l'apprenti-boucher ?
Que vont découvrir Ben et Lo en ramenant le corps du beau clochard dans l'arrière-boutique ? 
Quel lien avec le jeune Enzo et sa mère disparue ? 
La relation de Lo et Joshua éclatera-t-elle ou sera-t-elle renforcée face à ce qui se prépare ? 

je ne peux rien dire concernant la suite et ses influences culturelles. mais je peux vous dire que sans faire dans le déballage exagéré, il y aura du sang. Un peu. Du sexe. Beaucoup. Mais aussi de la passion, du flinguage, de la nostalgie et d'autres petits ingrédients bien sympathiques. 

 

En espérant que ça plaise. Mais j'ai confiance, ne jamais se dire ce genre de choses avant d'avoir pondu le prochain épisode ! 

 

Autrement, que dire... Les affaires reprennent.

 

Car en plus de ma nouvelle, j'ai deux collaborations en préparation : 

Scarabées-naked-Lunch

Hep mes chéris, j'ai dit en préparation, pas qui se battent en duel pour savoir lequel va être plus élaboré que l'autre... Ou alors si c'et pour préparer la Saint-Valentin, ne m'en mettez pas partout, d'accord...???



- Un conte / récit pour ados avec de multiples références (fantasy/Tim Burton/... Les références sont en cours de recherche) illustré à deux (donc par les soins d'une amie et par les miens, histoire de mélanger les styles) mais dont je dois assurer toute la structure narrative. 

- Un jeu de cartes type oracle. Cette fois, il s'agit d'un projet purement personnel, et nettement plus complexe à élaborer qu'un simple récit, dans la mesure où je vais devoir TOUT assurer, de l'écriture à l'illustration. J'avais songé à un moment, à illustrer le Tarot de Marseille. Mais la crainte de dénaturer le jeu en lui-même (dans la mesure où chaque symbole et couleur de chaque arcane majeur ont donc une signification bien précise...) m'a amenée à abandonner cette idée au profit d'un jeu avec des significations plus personnelles. 

De plus, je ne considèrerai pas ce projet d'oracle comme quelque chose de purement divinatoire.
Etant donné que les tarots et les oracles sont de plus en plus scrutés dans un cadre psychothérapeutique plus ou moins favorable à une compréhension du patient autre que simplement clinique (tapez "tarot psychologique" ça regorge de ressources et de nombreuses références reconnues, notamment à Jung et à son travail sur les archétypes), j'envisage le fait de pouvoir faire un tirage comme un moment d'introspection un peu plus poussé que la parole, dans la mesure où l'on travaille dans le silence à comprendre ce que l'on n'a pas compris avant à son propre sujet.
Tirer une carte plus ou moins inattendue, et travailler dessus en faisant le lien avec sa vie, son vécu, sa personne, en comparant avec la symbolique, selon l'ordre des cartes... 

C'est quand même plus ludique que d'avoir seulement un/e psychologue qui nous tient le crachoir sans trop dire grand chose. On travaille sur des facettes de nous-mêmes qu'on n'aurait pas soupçonnées sans un symbole sur un arcane majeur, voire un nombre précis de tel arcane mineur. 

Après je dis ça, je ne dis rien. Mais en CMP ils sont trop cartésiens. On sait qu'ils sont publics, mais quand même... De l'innovation bordel ! 

Et le dimanche ... 

Il est éffectivement prévu que je sois de sortie à Paris. Car en effet, ce sera le dernier jour de représentation pour Quills de Doug Wright au Théâtre de la Colline. En 2001 , une adaptation ciné (par ailleurs excellente) avait déjà vu le jour avec Geoffrey Rush dans le rôle principal. 

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Kate Winslet (Madeleine) et Geoffrey Rush (Sade) dans Quills, la plume et le sang (Philip Kaufman, 2001)

Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'intrigue, il s'agit ici d'une relecture des dernières années de Sade à l'asile de Charenton (il fut plus précisément interné au début du Consulat de Napoléon Bonaparte), entre stratagèmes plus ou moins habiles pour faire publier ses textes érotiques à l'extérieur (grâce à l'aide d'une jeune lingère toute acquise à sa cause) et relations complexes avec le directeur de l'asile (Mr de Coulmier) et un médecin envoyé par Napoléon himself pour remettre de l'ordre dans un cadre où le Divin Marquis jouit d'une grande liberté et fait jouer ses pièces par les pensionnaires...

Je n'en dirais pas plus, mais toujours est-il que la pièce comme le film, d'actualité de par les thèmes abordés,  montrent de façon très claire la lutte qui se fait généralement entre les partisans d'une liberté d'expression quasi-totale (on l'a vu notamment en 2015 avec le débat et les manifestations autour des pro- et des anti-Charlie au lendemain des attentats de janvier) et ceux qui voudraient par le retour à l'ordre moral, ramener cette liberté d'expression dans des cadres et des contextes bien définis (ça c'est pour le retour insidieux de la censure en France, je m'en expliquerai plus bas ou plus tard. Si si.) 

Autrement... 

L'avantage avec un animal, c'est qu'il ne contredit jamais l'Homme. Ce dernier le fait très bien tout seul, pour lui seul. Alors que l'animal, lui, ne se vante pas de savoir, de comprendre même. Il ne dit rien, et son regard creuse le nôtre avec souvent cette étrange sensation de dévoilement en nous-mêmes. Alors nous détournons les yeux. Conscients de ce que nous faisons, de ce que nous perpétrons. 

Nous n'avons pas souvent le courage de croiser le regard d'un animal. Il faut beaucoup d'amour et d'humilité pour admettre dans les yeux de la bête la plus basse sottise que nous aurions pu éviter de commettre, fût-elle pleine d'amour et d'intentions plus ou moins honorables, ou simplement concrètes. 

Ce dimanche dernier, passage au parc des expositions pour le salon équestre local. Au programme, quelques stands d'artisanat, de matériel d'équitation de très haute qualité (forcément ça coûte la peau du cul, mais au moins, ça dure...) , stands d'éleveurs équins, de différentes écoles d'équitation de la région... Présentation des étalons et concours hippiques, qui donnent par ailleurs l'occasion d'admirer le cheval dans sa majesté naturelle ... Et là, BOUM ! Je vais appuyer où c'est sensé faire mal. 

D'un côté je ne vais pas contester la nature même de l'élevage de chevaux de telle race, de telle région... Qui consiste à perpétuer telle race en faisant s'accoupler tel étalon avec telle pouliche ou telle jument... de manière à éviter des tares ou des maladies pour le cheval en lui-même et ceux à venir. L'élevage a toujours son utilité, certes. Mais ce que je ne peux pas cautionner, c'est le business autour de ces animaux. Rien qu'en connaissant le prix d'une inscription dans une école d'équitation, le prix de la licence obligatoire, le prix des cours, c'est déjà vertigineux. Si on ajoute à ça le prestige qu'on attribue à cette discipline (l'idée ô combien tenace selon laquelle l'équitation serait encore et toujours un sport "de riches"...)

Je suis une jeune femme issue de la classe moyenne, mais touchant une aide de l'Etat pour son handicap, ce qui fait automatiquement de moi une "précaire", en apparence du moins... J'aime les bêtes... Merde alors, le cheval serait-il un produit de luxe comme les autres ? QUE NENNI. JAMAIS ! J'aime cette bête au même titre qu'un chat, qu'un oiseau, un poisson... Si je m'inscris un jour dans une école d'équitation, ce ne sera nullement pour le prestige, nullement pour des compétitions qui ne m'intéressent guère ou je ne sais quoi d'autre. Passer les galops pour espérer faire de la compétition, récolter un prix pour du saut d'obstacles, je le dis tout net : Rien à foutre de ça. Rien (ou presque) ne me rend plus heureuse que de voir une bête heureuse, libre, qui a l'air libre et l'espace pour elle. Et qui a confiance. 

Souvenir d'une ancienne ferme à côté de chez mes parents... Dans le contexte de l'enfance, puis de l'adolescence en vacances dans ce village perdu en Picardie, combien de balades à poney puis à cheval ai-je pu effectuer au cours de cette période, avec toujours le même plaisir de pouvoir parcourir un bois, un sentier en pleine nature... Combien de fois me suis-je sentie comme un prince, parcourant d'étranges et fort silencieuses contrées baignées de soleil, bercées par le vent d'été, qui lui-même emporte dans sa danse les effluves des parures florales de la Terre-Mère ? 

Pendant longtemps, étant adolescente douloureusement difficile, je croyais que la finalité de mon existence serait d'avoir mon appartement à Paris, et la vie sociale, culturelle qui irait avec, riche et régulièrement comblée. Oui, si on met de côté la perspective irréaliste de facilement vivre là-bas, la vie culturelle et sociale, je l'entretiens déjà plus ou moins. 

Aujourd'hui, j'ai 26 ans, et le seul souvenir de la campagne, des balades à cheval, de toute cette nature et de tout ce qui s'y rattache... Me fait aspirer à un autre avenir. Si je ne peux jurer de rien actuellement, on me proposerait à quarante ou cinquante ans de vivre dans un corps de ferme rénové, avec de la place pour me faire un atelier, de quoi recueillir des chats (parmi eux un ou deux chats noirs, obligé !), des chiens (un husky et un chien-loup tchécoslovaque), des chevaux (dont un superbe frison... La perle noire des chevaux...)... Bref, vous l'avez compris, vous pourriez bien avoir affaire à la future Brigitte Bardot du nord... ^^

Sauf que je suis brune et que je suis loin d'avoir des accointances politiques douteuses. Je ne plaisante pas avec les brunes et encore moins avec la liberté d'opinion tant qu'elle ne fait de mal à personne... 

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Et je tiens à préciser qu'aucune blonde n'aura été martyrisée... Du moins, jusqu'à la fin de la rédaction de cet article. Eh oh, je l'ai juste empêchée de me tirer les cheveux et de m'arracher les poils ! J'y tiens, quand même, j'en suis fière... Ah, vous ne le saviez pas ? Ben Brenda, maintenant elle le sait.  

 

Et là, nous sommes le 13 février...
J'ai presque bouclé mon article quand je me rends compte que demain, c'est la Saint-Valentin...  Mouais.

Pour vous dire la vérité, ce n'est pas que je n'en ai rien à foutre de l'amour, mais... C'est presque une injonction à l'amour, ce truc-là. Et si vous n'avez personne à côté de vous pour vous dire que vous êtes les plus beaux tendres, les plus beaux, les plus ceci ou cela... On se sent frustré, on se sent à côté de tout. On devrait attendre le mec (ou la nana, c'est pareil pour ces dames ;-) ) comme si cela engageait notre pronostic vital ? Non je ne crois pas. On peut largement vivre sa vie sereinement à partir du moment où l'on comprend que la peur de la solitude amoureuse relève plus d'un conditionnement social et culturel que d'une souffrance individuelle véritable.

On demande souvent aux femmes comment vont les amours alors qu'un homme, on ne l'emmerde pas avec ce type de questions. Notre conditionnement culturel fait que nous admirons les baroudeurs genre Indiana Jones, mais quand il s'agit d'une baroudeuse, la musique n'est plus la même.

Je vais prendre un exemple très con mais assez révélateur, en l'occurence les jeux vidéos. Prenez toute la série des Tomb Raider avec le personnage de Lara Croft (y compris la nouvelle version que je n'aime pas trop, mais voilà).

Regardez Lara : elle est d'une intelligence tout aussi fine que son tour de taille,
elle se bat comme un mec,
elle peut avoir le même arsenal d'armes qu'un mercenaire (à côté t'as l'impression que Rambo s'est exprès fait mettre en arrêt maladie rien que pour refourguer son stock et disparaître dans la nature),
elle garde la tête aussi froide qu'un Machiavel,
et pendant des années, elle a représenté pour des tas de gamers et de geeks en tous genres un des canons cyber-féminins ultimes, avec autant d'ampleur fantasmatique que son légendaire tour de poitrine avant que Crystal Dynamics, bien après Core Design, se décide à faire de la chirurgie plastique sur notre aventurière au nom d'un certain retour aux sources.

Evolution-of-Lara-Croft

 

Sous-entendu : "Y en a marre de fantasmer, on va donner un peu plus de crédibilité et d'humanité à Lara Croft. En 2013, on va lui réduire les seins et lui refaire le visage de façon à la faire ressembler à une étudiante ..."(alors que le personnage est apparu en 1996, soit 22 ans...)
Mais le plus évident dans toute cette affaire, c'est qu'on ne connaît pas à Lara Croft de vie sentimentale, ou même sexuelle. à côté de cette gourde de Peaches qui attend systématiquement de se faire délivrer (et pourquoi pas tringler) par Mario et pourquoi pas par son frangin Luigi (je sais je suis dure mais réaliste), c'est quand même bien plus engageant de faire bouger un personnage féminin dans un environnement hostile (jungle, montagne... La castagne ça vous gagne) quand on ne lui connaît pas de faiblesse sentimentale. Fort probablement pour ça qu'on arrive encore à en faire un éminent symbole de pop culture, à une époque où Disney rachète plein de licences contenant des personnages féminins réfléchis (genre Star Wars et Marvel) pour passer le tout à la moulinette des bons sentiments et du manichéisme saturé en sucre... 

Conclusion : Aux godes et caetera... 


Pour ma part, j'ai appris à voir les choses plus ou moins autrement. Je suis tombée parfois sur des textes féministes plus ou moins nuancés, plus ou moins radicaux. J'ai écouté, parfois consolé des amies aux prises avec des tracas typiques de jeunes couples qui débutent dans la vie (mais qui, chose heureuse, se sont parfois révélés ô combien soudés.)  Bien entendu, parfois je m'emmerde littéralement de n'avoir personne dans la vie avec qui je pourrais faire plus que partager un verre ou une bonne conversation, bien sûr que parfois j'en ai souffert. 
Mais combien de nanas j'ai vu se plaindre du fait de leur solitude, qu'il leur fallait un mec, qu'elles se sentaient seules... à force, j'avoue que je n'ai plus envie pour le moment de me plaindre de quoi que ce soit. Et puis je ne suis pas à plaindre. Tant que j'ai ce qu'il faut... Un ordi avec connexion Internet, du thé, un toit au dessus de ma tête... Des amis et connaissances aussi fiables que ce que je m'efforce d'être... Que demander de plus, en plus de ce que j'ai déjà ? 

Relève la tête, ma belle. Et bien haut. Mange un morceau, va shooter du zombie sur la Play, ou t'acheter un bon bouquin. Fais ta manucure ou va peindre avec Black Sabbath et Mötley Crüe àfond dans le salon. Apprends à te suffir à toi-même, va t'acheter un bon  sextoy, une huile de massage, de la lingerie... Prends soin de toi. 

Et ça peut inclure aussi le nesting, à dose homéopathique cependant... On est pas des ermites. 

La tendance du nesting, quand rester chez soi devient plus cool que sortir

Il fut un temps où retourner au bureau un lundi sans aucun récit de soirée incroyable à raconter était inimaginable. Avouer n'avoir rien fait du week-end, c'était anéantir toute chance de gravir les marches de la coolitude. Ça, c'était avant. Aujourd'hui, une soirée cosy en pilou-pilou vaut mille apéros dînatoires mondains.

http://www.cosmopolitan.fr

Et si ton tour doit venir, accueille-le comme une bonne surprise, une réponse positive à ta requête inconsciente... Bref, savoure l'instant présent.  

Même les vaches du Salon de l'Agriculture ne font pas toute une tragédie du fait que Chirac n'est plus dans les parages pour leur tâter la croupe.

Et en attendant...

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Une chose est sûre, en 2017 ce jeune homme a voté socialiste.