Plus j'avance dans le temps, plus il m'est de plus en plus évident que j'ai bien une attirance raisonnée pour l'expérience, qu'un homme la porte et l'apporte dans sa vie et celle des autres, ou qu'il la porte sur sa peau, sur son visage. Raisonnée, oui. Vous savez encore lire. En même temps, il faut savoir faire la part des choses : ayant lu Lolita de Nabokov à presque 12 ans (c'était en 2003), et fantasmé tôt sur des acteurs de plus de 40 ans (si si... Pas sur le minet du moment qui avait droit à sa large couverture médiatique histoire de faire un maximum de thunes sur les sourires appareillés de milliers de gamines pubères, avec la peau soignée au Biactol)...

J'avais quand même de sacrées idées, même en me visualisant plus âgée, mais qui m'ont permis de tenir quatre ou cinq ans dans l'enfer du collège, sinon durant une bonne partie de l'adolescence. à 12 ans, on garde ça pour soi, histoire d'éviter les regards de travers. Et passé 25 ans, on fait comme moi : on balance sur soi, en se disant combien on était naïve et paumée à cette époque, combien on avait déjà ce besoin d'affection, insatiable et bouillant, douloureux même. Mais déjà, le Désir. 

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Pas toutes à la fois, j'ai qu'une bite ! (Patrick Bruel, Place des Grands Zobs) (non je déconne... Quoi ? OK, à la fin de cet article, je me casse, vous êtes contents ?! MEEEEEEERDE ! Et ne me remerciez pas, bande de pécores. )

Et pourtant... D'un côté, je sais à quel point je ne suis bien que seule. Ce n'est pas de l'égoïsme que de vouloir être seule la majorité du temps, non... C'est bien souvent une forme de protection, en dépit de mon attente évidente de pouvoir enfin aimer et partager de façon juste et généreuse. De l'autre, j'ai le désir (sexuel, vital, sensuel, viscéral, émotionnel... etc) qui me colle à la peau comme la boue, ou de la poudre colorée indienne de Holi. ce Désir qui me guide, m'élève, me désaltère... Sans forcément m'égarer, me rendre plus perchée que je n'en ai l'air, ou m'étouffer.

Littéralement perdue entre l'état de conscience agréablement altéré d'une semaine auparavant (où j'ai notamment écrit trois articles en une journée, tour de force majeur de votre dévouée Lo) et la volonté de continuer à revendiquer haut et fort ma liberté affective. Ce n'est pas une mince affaire. Mais ce n'est pas le World Trade Center non plus... J'arrive quand même à vivre, non ? Au risque de devoir affronter encore une fois une certaine frustration. Mais même la frustration n'est qu'une étape qui t'ouvre toujours les yeux sur tes vraies priorités, même si c'est long à prendre, même si c'est douloureux, parfois décevant, dans le genre blessure d'amour-propre. 

Blueberry (Jan Kounen, 2004) Ayahuasca Visions

Petit aperçu du circuit neuronal et psychique de Lo quand elle médite sur ses failles, ses craintes... Et qu'elle en tire leçons... C'est un peu barré mais j'apprécie aussi bien Jan Kounen en tant que réalisateur (Dobermann, Blueberry, son court-métrage Vibroboy forcément...) qu'en tant qu'expérimentateur de l'ayahuasca (je cherche ses Carnets de voyages intérieurs depuis un bail, on dit que le livre est excellent). 

27 janvier, 11 heures 37. à l'heure où j'ai bouclé la première partie de cet article, il y a eu des gens pris dans les embouteillages, il y a eu des jeunes qui se sont rendus en cours... Et à la radio, il y a cette chanson : "Do you believe in life after love ?" Je n'ai jamais été trop fan de Cher (sauf dans deux circonstances : dans Les sorcières d'Eastwick et sur la pochette de l'album Believe, justement... C'est déjà bien...), mais ce morceau est plutôt parlant, en plus dans le contexte actuel de résilience que je traverse. à une époque, je n'y croyais plus, prise dans un marasme post-rupture qui semblait ne pas en finir... Et maintenant, cette espèce de renaissance mentale due à l'oeuvre du temps, que j'accueille avec plus ou moins de confiance... On a mis dans mon corps et ma tête une faim, une soif que l'on ne peut satisfaire vraiment. A moins que... Non, rien. Question de maîtrise, de débrouillardise... Démerde-toi pour maîtriser ce qui te dévore mieux qu'une drogue fabriquée en labo. 

Supporter la tempête tel un rocher : le syndrome Von Bülow

27 janvier, 16 heures 40. L'ordinateur sur la table basse, j'écris en suivant Le mystère Von Bülow, consécutivement après Donnie Darko, mindfuck movie apprécié dans mon répertoire après L'échelle de Jacob (auquel je voue une fascination pas possible et sur lequel Richard Kelly a quand même pas mal pompé). Pas tous les jours que j'ai TCM sur ma télé, alors du coup... J'en profite. Et en observant le personnage de Glenn Close (Sunny Von Bülow) par rapport à celui de Jeremy Irons (Claus Von Bülow), une chose me saute aux yeux. En tant qu'homme, il faut beaucoup de cran pour supporter une femme émotionnellement insécure, même en ayant de la compréhension pour Sunny je la blâme, même en ayant de l'incompréhension par rapport à Claus je le comprends...  mais vraiment, beaucoup, beaucoup de cran. Je le dis tout net, les hommes n'aiment pas ce qu'ils appellent abusivement les "chieuses". Et pourtant... 

... Le souvenir lancinant de la chaleur 

Je repense à toi, que j'ai eu la joie d'avoir près de moi récemment, durant un temps déterminé. Je te revois un dimanche de lendemain de fête, dormir dans le lit, fatigué, mais serein, je me revois t'embrasser, te caresser doucement, ton odeur mâle mais douce, tes lèvres, tes baisers. Ton sourire, ton regard, ta douceur de caractère et ta persévérance que j'admire quand à ta propre vie, tes propres soucis à affronter....  Mais que j'étais sereine !  Même sans qu'on soit collés l'un contre l'autre.

Deux semaines après, je n'arrive pas à t'enlever de ma tête, mais si je dois souffrir au moins sur ce point, alors je souffrirai mentalement, t'inquiète pas trop, j'ai l'habitude... En espérant te revoir de temps à autre. Je te l'ai dit, je n'espère rien de particulier. je n'ai que deux conditions. Que l'on comprenne mon histoire, mes comportements, mes petites gloires et grosses misères, et tout le toutim... Pour mieux m'accepter telle que je suis. Et non uniquement telle que je peux être. Et ainsi, pouvoir faire de même pour autrui, pour toi, ou même moi. J'en ai grandement besoin, quand je regarde bien. L'amour que j'ai pour l'expérience, c'est aussi cela. 

Ask and obtain a better answer than silence / You couldn't longer live within / No matter if you talk to the Goddess or angels / The answer will be more concrete than everythin' you've already seen... (Ask and obtain, texte perso que je vous partagerai dans peu de temps...

On réclame la chaleur humaine pour se réchauffer, non pour brûler. Mais sans que je demande grand chose, je sais qu'elle m'est fournie.

Récemment, dans le bus qui m'amenait vers le centre-ville, j'ai fermé les yeux et demandé intérieurement (à qui ou à quoi ??? Ah, mais ce n'est pas à moi de le dire. Demandez sans exiger, en toute humilité et en toute conviction, vous aurez peut-être une réponse...) de pouvoir croiser un ou deux amis dans la soirée, de pouvoir approfondir une relation amicale de façon concrète.

Résultat ? Je devais retrouver une pote dans un bar assez couru, elle était accompagnée de deux de ses amis. On a décalé dans un autre bar à côté, j'ai croisé une amie proche, et en sortant de ce bar pour prendre l'air, je croise encore des amis, on a passé la soirée à causer avant que je rentre prendre le café avec un ami avec qui je commence à approfondir la relation (d'un point de vue purement amical, toujours). Jusqu'à six heures du matin, avant de m'endormir jusque dix heures. Je ne peux pas dire que je n'ai pas été entendue, impossible... Vu la demande adressée, et vu l'ampleur de la réponse, je ne peux qu'avoir de la gratitude pour qui / ce qui m'a entendue. 

Vivre simplement, vivre librement.

Expérimenter les choses sans me blesser, comme un chat qui retombe sur ses pattes. En apprendre du plus futile au plus concret.

Rire. Jouir. Chanter. Pleurer. 

 

Aimer à en triompher de ses exagérations, comme à en mourir, mais sans douleur, comme en étant consciente de l'importance de construire sa légende personnelle avant même le destin. 

Simplement me sentir un peu plus vivante et par dessus cela, un peu plus ancrée au fur et à mesure des expériences, des conversations, des gestes et actes, que cela vienne de moi ou d'autrui. 

C'est tout ce que je demande au jour le jour. 

Peter Lindbergh _ Fallen Angels _01